Réfugiés rohingyas: une catastrophe sanitaire, un désastre écologique

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Depuis la fin du mois d’août, 620 000 membres de la communauté rohingya de Birmanie sont venus se réfugier à l’extrême sud du Bangladesh, pourchassés par l’armée birmane. Dans les camps bâtis en catastrophe au milieu des rizières, au cœur d'un drame humanitaire absolu, ils tentent de survivre à la faim et à la peur, sans oser penser à l’avenir. (1/3)

 

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Cox’s Bazar (Bangladesh), envoyé spécial.-  La langue de terre bangladaise qui s’étire le long du littoral birman est enchanteresse. Côté mer, une plage longiligne de plus d’une centaine de kilomètres borde le golfe du Bengale. Les gens d’ici prétendent qu’elle est la plus longue du monde. Ombragée de pins Casuarina aux allures de tamaris, elle est le paradis des surfeurs. Côté terre, d’innombrables bras de rivières sinueuses abritent à leur retour du large les bateaux de pêche en conque. Dès l’aube, les paysans s’affairent à la serpe dans les rizières. En ces premiers jours de novembre, les nuages sombres de la mousson s’en sont allés et la récolte d’automne a commencé. Malgré la chaleur suffocante, la campagne est à peine jaunissante, agrémentée de bouquets de palmiers à bétel aux troncs zébrés. Qui pourrait imaginer que c’est dans ce cadre tropical féerique que se joue actuellement un drame humanitaire absolu ?