L'Arabie saoudite traque une ressortissante jusqu'aux Philippines

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Parvenue à sortir de son pays, ce qui est interdit pour une femme non accompagnée d'un homme de sa famille, Dina Ali Lasloom, 24 ans, se trouvait à l'aéroport de Manille quand elle a été remise par les autorités locales à deux hommes qui l'ont reconduite à Riyad. 

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En Arabie saoudite, c’est une pratique parfaitement légale que d’interdire à une femme de voyager sans un mahram, c’est-à-dire un père, un grand-père, un frère, un oncle ou un fils. Mais ce qui est nouveau, c’est que les autorités saoudiennes ont organisé la traque d’une femme de 24 ans qui avait réussi à quitter le royaume, la faisant appréhender aux Philippines puis ramener manu militari au pays, sans doute pour la remettre à sa famille. C’est ce qui est arrivé lundi 10 avril à Dina Ali Lasloom, qui s’était enfuie pour l’Australie – où elle comptait, semble-t-il, demander l’asile politique –, via le Koweït et les Philippines. À Koweït, elle pouvait encore craindre d’être arrêtée par les autorités locales qui, en général, ne refusent rien à leur puissant voisin. Mais à Manille, elle ne s’attendait sans doute pas à être interceptée par la police de l’aéroport international Ninoy Aquino et finalement remise à deux « oncles », arrivés entre-temps, qui l’ont obligée à changer de terminal puis à prendre un avion pour Riyad.