La bataille pour Mossoul se prépare en plein chaos politique irakien

Par Jérémy André

L’offensive militaire pour reprendre à l’État islamique la deuxième ville d’Irak, Mossoul, est sur le point d’être déclenchée. Mais la coalition doit auparavant démêler un écheveau politique d’affrontements et de rivalités entre Kurdes, Turcs, chiites et différents clans sunnites. De notre envoyé spécial.

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Erbil et Kurdistan irakien, de notre envoyé spécial.- Au bord d’une route toute droite entre le Tigre et une base militaire dévastée, le convoi de voitures 4×4 aux vitres teintées et son escorte de blindés légers se garent en désordre. Le gouverneur de Salâh ad-Dîn, la province à mi-chemin entre Mossoul et Bagdad, est venu voir les quelques centaines de tentes du camp de déplacés « Tina », dressées là au milieu de nulle part. Mossoul, la « capitale » de l’État islamique en Irak, est à soixante kilomètres au nord, derrière un rideau noir de fumée. Pour couvrir leur retraite, les djihadistes ont incendié les champs de pétrole et harcèlent les forces de sécurité qui ont repris cette zone début juillet. À cause des tirs de mortier de l’ennemi, des villageois ont été évacués à Tina par les soldats irakiens.