Saccages archéologiques : « L'Etat islamique organise la confrontation des mondes »

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Les annonces de saccages de sites archéologiques en Irak par l’État islamique (EI) se multiplient. Pour l'archéologue suisse Marc-André Haldimann, qui fait partie d’un groupe d’experts mis en place par l’Unesco sur la Syrie, EI nous tend aussi « un miroir sur notre conception dévoyée de l'objet archéologique », devenu une valeur refuge pour les grandes fortunes. Il revient sur les pillages et les trafics, devenus « systématiques » depuis quelques années.

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Genève, de notre correspondante.-  Marc-André Haldimann, archéologue de terrain, a derrière lui 23 ans de fouilles en Suisse, en France, en Égypte et en Jordanie. De 2003 à 2011, il a été responsable du département d’archéologie, puis conservateur en chef du musée d’Art et d’Histoire (MAH) de Genève. Il est maintenant chargé de cours à l’université de Berne et expert indépendant auprès de l’Office fédéral de la culture. Il fait partie d’un groupe d’experts mis en place par l’Unesco pour préserver le patrimoine syrien. En novembre 2014, à Beyrouth, il est intervenu dans le cadre d’une formation à destination des forces de police et des douanes syriennes, turques, jordaniennes et libanaises, sur la nécessité de réaliser des inventaires précis et documentés d’objets archéologiques. Il appartient aussi au réseau de spécialistes archéologues de l’Organisation mondiale des douanes (OMD). Mediapart l'a rencontré à Genève.