Comment le SPD et Die Linke ont perdu les élections allemandes

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Le parti social-démocrate allemand (SPD) et le parti de gauche Die Linke ont connu dimanche une sévère défaite. Coincés entre la dangereuse étreinte « merkelienne », la question des réfugiés et la poussée de la droite xénophobe, les deux partis allemands « de gauche » ne pourront plus longtemps se permettre les désaccords internes et le manque d’audace.

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Berlin (Allemagne), correspondance.- Dimanche 13 mars dernier, le plan de Wulf Gallert et de Katrin Budde n’a pas fonctionné. Le président du groupe parlementaire régional de Die Linke et la patronne du SPD en Saxe-Anhalt rêvaient tous deux de faire tomber le gouvernement conservateur de Saxe-Anhalt afin de le remplacer par une coalition dite « rouge-rouge-verte », c’est-à-dire réunissant les deux partis de gauche et les écologistes. Mais c’était sans compter les populistes de l’Alternative pour l’Allemagne, qui sont venus « casser la baraque ». Dès le premier scrutin, le nouvel arrivant a recueilli 24 % des voix pendant que le SPD a vu son score divisé par deux (21,5 % en 2011, 10,6 % en 2016) et que Die Linke a perdu 7,4 % pour finir à 16,3 %. Dans cette région peuplée de l’est de l’Allemagne, les deux partis ont perdu près de 50 000 électeurs, qui ont rejoint les rangs de l’AfD. Enfin, 40 % des chômeurs, une clientèle traditionnellement attachée à Die Linke, ont voté pour les populistes de droite. Le soir même de l’élection, l’ancien « futur homme fort » de la région, Wulf Gallert, annonçait son retrait définitif de toutes ses fonctions politiques, suivi de peu par Katrin Budde.