La redistribution des terres, héritage cruel de l'apartheid

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Dès la fin de l'apartheid, une des premières promesses du nouveau gouvernement fut de revenir sur les spoliations historiques qui avaient abouti à la possession de 87% des terres par la minorité blanche. Quinze ans plus tard, et alors que l'Afrique du Sud va élire le 22 avril un nouveau Parlement et choisir un nouveau président, la réforme foncière est très loin d'avoir satisfait à ses ambitions. Les émotions restent vives autour de cette question, d'autant que le contre-exemple du Zimbabwe est présent dans toutes les têtes.

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T. Z. Molwantwa avait six ans en 1950 quand, avec ses parents, sa famille et sa tribu, il fut chassé de ses terres ancestrales par les fermiers blancs. Le bétail saisi, les maisons détruites, et tout le monde déplacé de force, «de manière inhumaine», à près de cent kilomètres, sur un terrain aride et battu par les vents. Il s'agissait, pour le gouvernement sud-africain, d'éradiquer les «black spots», les «points noirs». «Contrairement aux gens des bantoustans, nous n'avons pas protesté», soupire T. Z. Molwantwa, en racontant son histoire autour d'un thé qui refroidit. «Dans les zones rurales, nous n'étions pas politisés dans les années 50...»