Ce n'est pas encore l'Eurovision, mais…

Par

Les cinq candidats à la succession de José Manuel Barroso se sont affrontés, jeudi, lors d'un débat dominé par le bilan des politiques d'austérité. Au-delà de cette nouveauté dans la campagne, les favoris du scrutin n'ont pris aucun risque.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

De notre envoyé spécial à Bruxelles. L'émission n'a sans doute pas atteint les sommets d'audience de l'Eurovision et ses 120 millions de téléspectateurs, mais le concept pourrait tout de même être appelé à durer. Les cinq candidats à la présidence de la commission européenne se sont affrontés jeudi soir à Bruxelles, entre les murs du parlement européen, durant un débat inédit retransmis sur une trentaine de médias en Europe (voir la liste ici, dont LCP en France).

La chaîne de télé Euronews avait déjà organisé, fin avril, un premier débat « à l'américaine » entre quatre des cinq prétendants, au sein de l'université de Maastricht. À l'époque, Alexis Tsipras, le candidat grec du parti de la gauche européenne, avait déclaré forfait, jugeant qu'il ne pourrait défendre correctement ses chances en anglais. Cette fois, les chefs de file ont eu le libre choix de la langue : Tsipras s'est donc exprimé en grec, le conservateur luxembourgeois Jean-Claude Juncker en français, et les trois autres en anglais.  

Les spectateurs les plus europhiles se réjouiront de cette étape vers l'avènement d'un espace public européen cher à Habermas. Les sceptiques noteront, eux, un absent de taille derrière les pupitres : personne pour représenter jeudi soir les candidats des droites eurosceptiques, de Marine Le Pen en France à Nigel Farage en Grande-Bretagne, pourtant annoncés parmi les grands vainqueurs du scrutin fin mai. Ces derniers se sont en fait exclus eux-mêmes, en décidant l'an dernier de boycotter cette nouveauté introduite par le traité de Lisbonne en 2009, qui veut que les partis européens peuvent présenter leur candidat au siège de José Manuel Barroso (c'était jusqu'à présent la chasse gardée des chefs d’État et de gouvernement qui plaçaient à ce poste ceux qu'ils voulaient).

Voir l'intégralité du débat (90 minutes) – la version originale non doublée est ici :