L'ONU fait peser une chape de plomb sur les viols en Centrafrique

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Au sein d'une organisation qui prône la tolérance zéro en matière d'abus sexuels, les plus hautes huiles des Nations unies ont tout fait pour décourager les enquêtes sur les auteurs de viols, alors même que l'alerte avait été donnée par ses fonctionnaires.

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Que ce soit à Bangui, sur le terrain des opérations de la Mission des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA), à l’ONU au sein du département des opérations de maintien de la paix (DPKO), ou parmi les diplomates de la Mission française, on ne parle pas de l’affaire des militaires français accusés de viols en République centrafricaine. C’est devenu tabou. Sauf s’il s’agit de s’enquérir du nombre de Casques bleus déployés sur le terrain ou de leur mandat. Le silence qui entoure ce scandale pèse pourtant de plus en plus lourd et force les interrogations. À commencer par celle-ci : l’ONU aurait-elle quelque chose à cacher ? « C’est curieux ces consignes de silence, explique un membre de l’ONU, qui ne veut pas que son nom soit cité. Elles contreviennent au statut et règlement du personnel des Nations unies qui dit que les membres du personnel ont le devoir de coopérer et de dénoncer ce genre d’agissements lorsqu’ils en sont informés. »