En Tunisie, les couacs d’Ennahda paralysent le débat
Moins d'une semaine avant la séance inaugurale de l'Assemblée constituante, le débat public tunisien reste focalisé sur la querelle laïque/ religieux, et élude des questions économiques et sociales pourtant au cœur du processus révolutionnaire.
ÀÀ Tunis, les jours se succèdent et les négociations s'éternisent, retardant d'autant l'annonce de la composition du prochain gouvernement. Prisonnier des tractations en coulisses, le débat public stagne, englué dans une opposition modernistes/conservateurs nourrie de petites phrases, et qui écrase tout le reste. Economie, tourisme (malgré le forum d'Ennahda sur ce thème qui a attiré les foules, mais suscité peu d'articles critiques), débats sur le règlement intérieur de l'Assemblée constituante, et jusqu'à l'abandon éventuel d'une partie des charges contre Ali Seriati, l'ancien chef de la sûreté, puis de la garde présidentielle de Ben Ali, accusé de complot contre la sûreté de l'Etat: tous ces sujets sont largement passés sous silence depuis l'élection du 23 octobre.