Ces salariés que Lafarge a abandonnés en Syrie

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Le cimentier français Lafarge a maintenu son usine à Jalabiya malgré les risques encourus et la présence de l’État islamique. D'anciens employés du site témoignent auprès de Libération des nombreux kidnappings. Des comptes-rendus réguliers avaient pourtant alerté la direction.

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Ce 18 septembre 2014, l’État islamique mène une nouvelle offensive contre les Kurdes dans le nord de la Syrie. Le téléphone sonne, Jarir Yahyaalmullaali répond. Il est alors salarié de Lafarge et se trouve de l’autre côté de la frontière avec sa famille réfugiée en Turquie. Au bout du fil, la cimenterie de Jalabiya, située entre Kobané et Raqqa, au cœur des combats. « Mon responsable m’explique qu’ils ont besoin de moi à l’usine et me demande de venir tout de suite, se souvient-il. Sur la route, j’étais le seul à aller dans ce sens, je voyais toutes les voitures qui fuyaient le pays. C’était très angoissant, mais la direction nous assurait que l’usine était en sécurité. » Malgré la situation chaotique, la cimenterie carbure de nouveau après quelques semaines d’arrêt.