En soutien à la Grèce: l'Appel du Châtelet

Mediapart organisait avec RSF, ce mardi soir à Paris, une réunion publique de soutien aux citoyens grecs, après la fermeture brutale de leurs télés et radios publiques. Responsables de l'audiovisuel français et européen, artistes, journalistes, intellectuels grecs et français ont pris la parole. Compte-rendu.

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Près de 1 500 personnes ont rempli le Théâtre du Châtelet, mardi soir 18 juin à Paris, pour participer à notre soirée de solidarité avec le peuple grec, soirée organisée en partenariat avec Reporters sans frontières et avec le soutien de plusieurs associations et médias. Cet événement, également retransmis en direct sur notre site et sur Dailymotion, a été suivi par plus de 20 000 personnes (sous l’onglet Prolonger de cet article: la liste complète des intervenants à cette soirée et la vidéo intégrale).

 

Cette première grande initiative publique en France depuis la fermeture brutale, le 11 juin, du groupe ERT qui rassemble l’ensemble de l’audiovisuel public grec a permis de prendre la pleine mesure du choc créé par la décision du premier ministre Samaras, mais aussi de la gravité de l’absence de réponse des principales institutions européennes. « Nous avons écrit dès le lendemain à M. Barroso, président de la commission européenne, nous n’avons toujours pas de réponse », a ainsi noté l’un des intervenants, Jean-Paul Philippot, administrateur de la RTBF (service public belge) et président de l’UER, l’Union européenne de radiotélévision.

La liberté d’information, la culture et l’Europe : à travers le coup de force décidé par Samaras, le leader d’une droite nationaliste au pouvoir depuis un an, c’est bien l’ensemble des valeurs démocratiques de l’espace européen qui ont d’un coup été remises en cause. Liberté d’information dans un pays, a rappelé Christophe Deloire, responsable de Reporters sans frontières, qui est passé en seulement trois ans de la 35ème place sur le classement effectué chaque année par RSF à la 84ème, « après la Hongrie et juste devant la Bulgarie ». « Les pressions du pouvoir sur les journalistes ont été incessantes, la Grèce a besoin d’un printemps des médias », ajoute-t-il.

C’est également ce qu’a expliqué Thomais Papaïoannou, la correspondante en France d’ERT. « Je ne le serai plus lorsque la nouvelle entité promise par ce gouvernement sera créée », a-t-elle d’ailleurs précisé, certaine d’être licenciée. « La télévision publique grecque n’était certes pas aimée, mais l’écran noir qui nous est imposé a réveillé un peuple assommé par la crise. Il découvre maintenant ce qu'est l’enjeu d’un service public à un moment où la paupérisation est devenue insupportable, où les tensions sociales sont extrêmes et où nous allons vers de nouvelles violences ».

Thomais Papaïoannou, correspondante de l'ERT / En soutien au peuple grec au Châtelet © Mediapart


« Les services publics sont le patrimoine de ceux qui n’en ont pas », avait auparavant rappelé Anne Hidalgo, première adjointe socialiste au maire de Paris et candidate à la succession de Bertrand Delanoë, face à une partie de la salle houleuse lançant des « Hollandréou a accepté le TSCG ! ». « Nous ne pouvons accepter de voir un peuple privé d’accès à la culture et à l’information », a-t-elle ajouté.

L’enjeu d’un service public audiovisuel : c’est bien ce qu’ont rappelé Jean-Paul Philippot, président de l’UER, Olivier Schrameck, président du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et Mathieu Gallet, président de l’Institut national de l’audiovisuel (INA), trois représentants des instances de régulation de l’audiovisuel français et européen. Face à la faible voire inexistante réaction des présidents de radios ou télévisions publiques françaises (y a-t-il eu une émission spéciale ?), ces trois responsables sont intervenus sans ambiguïté.

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