Turquie: Erdogan purge l’appareil d’Etat

Par Stéphanie Fontenoy

Après le coup d’État avorté, le président Erdogan veut mettre la société au pas. Une purge immédiate et radicale a commencé dans l’armée, la justice, la police et la bureaucratie. Des milliers de militaires, un tiers des juges et des procureurs, 30 préfets, 46 sous-préfets, 8 000 agents de police ont été limogés, interrogés, placés en garde à vue.

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Istanbul (Turquie), correspondance.- Les nuits d’Istanbul ont des airs de fête nationale depuis le coup d’État militaire avorté du 15 juillet, au cours duquel au moins 308 personnes ont été tuées, et 1 440 blessées. Des cortèges de voitures toutes vitres ouvertes, d’où dépassent de jeunes Turcs euphoriques brandissant le drapeau carmin frappé d’un croissant de lune et d’une étoile, circulent en boucle dans les rues, répandant dans leur sillage un concert de klaxons. De leurs stéréos émanent l’hymne républicain et des chants politiques à la gloire du président Recep Tayyip Erdogan et de son Parti de la justice et du développement (AKP). En plus des appels à la prière, les haut-parleurs des mosquées invitent les fidèles à descendre dans la rue « pour défendre le pays ». « Nous sommes très fiers de notre peuple, car nous nous sommes opposés aux comploteurs de l’armée. La Turquie sort grandie et plus forte de cette épreuve », explique un électeur de l’AKP qui a sorti son drapeau au lendemain du coup d’État manqué.