Un droit de réponse de Veolia

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À la suite de la publication par Mediapart de l’article « En Arménie, les pratiques en eaux troubles de Veolia », nous avons reçu un droit de réponse de Veolia. 

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À la suite de la publication par Mediapart de l’article « En Arménie, les pratiques en eaux troubles de Veolia », nous avons reçu ce droit de réponse de Veolia :
 
« S’agissant d’abord des investissements nécessaires au bon fonctionnement du service de l’eau en Arménie que Veolia n’aurait pas entrepris, nous souhaitons préciser qu’au titre du contrat d’affermage liant notre entreprise à l’Arménie, les investissements d’infrastructures n’incombent pas à Veolia, mais sont intégralement à la charge de l’État. Ces investissements, nécessaires au fonctionnement du service de l’eau, sont financés par le gouvernement arménien, en propre ou par l’intermédiaire des institutions financières internationales, et sont directement gérés par le State Committee of Water Systems rattaché au ministère arménien de l’Énergie et des Ressources naturelles. Comme pour tout contrat d’affermage, Veolia paie un loyer à l’État en échange de l’utilisation des infrastructures et finance des investissements mineurs, conformément à ses obligations contractuelles.
 
Ainsi, depuis le début du contrat en 2017, Veolia a investi 6,5 milliards de drams (soit 12 millions d’euros) pour améliorer la performance et l’efficacité des réseaux existants et pour limiter les pertes en eau, et ce sans que le prix de l’eau n’ait augmenté d’un centime.
 
Quant à l’état du service de l’eau en Arménie, il convient de dire que le nombre d’heures d’approvisionnement en eau dans le pays ne cesse d’augmenter depuis des années, et ce grâce à de nombreuses améliorations dans la gestion du secteur. Rien qu’en 2018, 13 stations d’épuration, 60 000 mètres de canalisations, 2 nouveaux réservoirs et 5 nouvelles stations de chloration ont été construits. Dans le même temps, toutes les stations de pompage ont été renouvelées, permettant une économie d’énergie de 4,7 millions de kWh par an. Pour la région de Yerevan, dont Veolia a la responsabilité depuis 2006, la Banque mondiale (qui par ailleurs n’a jamais concédé de prêt à Veolia en Arménie) considère dans un récent rapport que le secteur est à l’équilibre, c’est à dire qu’il ne fonctionne plus à pertes comme par le passé. Une enquête indépendante sur les entreprises de services publics réalisée en 2019 révèle que 78 % des Arméniens sont satisfaits de la qualité de l’eau potable à leur domicile.  
 
Les propos d’Inessa Gabeyan – dont il faut rappeler qu’elle a été démise de ses fonctions à la tête du State Committee of Water Systems par l’actuel Premier ministre arménien après seulement 6 mois d’exercice – selon lesquels le pays ne compte aucune usine de traitement de l’eau sont inexacts. Veolia opère exactement 9 usines de production d’eau potable en Arménie. Le traitement ne se limite pas à l’adjonction de chlore (et non de “chlorine”) à des eaux brutes, mais est un processus complexe alliant l’utilisation de produits de désinfection à des technologies de filtration.
 
Pour conclure sur le sujet de la qualité de l’eau, il est important d’indiquer qu’au cours de ces 18 derniers mois, 25 contrôles ponctuels de la qualité de l’eau ont été effectués par diverses agences gouvernementales, sans qu’aucun problème n’ait été identifié. Les analyses du premier semestre 2019 montrent un taux de 98 % de conformité aux normes de qualité de l’eau définies par l’Organisation mondiale de la santé.  
 
S’agissant de la pose de compteurs, ceux-ci permettent de connaître les volumes réellement consommés par les usagers, de déterminer les fuites sur le réseau et de lutter contre la fraude. Ainsi, depuis la pose de compteurs par Veolia, 11 millions de m3 d’eau supplémentaires ont pu être facturés – au profit en partie sans doute de notre entreprise, mais dans le sens exact de notre mission, à savoir d’améliorer les rendements du réseau pour maintenir le secteur à l’équilibre.
 
De surcroît, sur les modalités d’acquisition des compteurs par Veolia Arménie, un fournisseur arménien éconduit à l’issue d’un processus de référencement international mené par notre direction des achats et notre direction technique, qui ont toutes deux conclu à la non-conformité aux standards du Groupe Veolia des produits présentés par ce prestataire, a relayé de fausses accusations à notre encontre. C’est pour cette raison que nous avons à bon droit fait appel de l’amende à l’encontre de Veolia Arménie, s’élevant à 40 000 euros, et non 400 000 euros.
 
Pour ce qui est du voyage de travail en France, ce dernier a permis aux membres de la Commission arménienne de régulation des services publics de visiter des installations emblématiques de Veolia et du monde de l’eau, comme Ovilléo, la station d’épuration de Marquette-lez-Lille, mais également Iléo, le service de l’eau de la Métropole de Lille. À cette occasion, les membres de la délégation arménienne ont pu en outre rencontrer la Commission de régulation de l’énergie (CRE). Ce voyage ne venait pas en contrepartie d’une augmentation tarifaire, puisque les augmentations sont contractuelles et fixées d’avance. Et d’autant plus que les tarifs de l’eau n’ont pas augmenté depuis le début du contrat.
 
Sur le sujet des conflits d’intérêts de certains de nos personnels, à la question de savoir si le Groupe Veolia était au courant des entreprises créées par certains des directeurs de Veolia Arménie, nous avons été clairs dans notre réponse à Mediapart préalablement à la parution de l’article : non Veolia n’était pas au courant et ne dispose d’aucune information précise à ce sujet. À cela, nous avons ajouté qu’à l’instant où il a été découvert que trois directeurs arméniens n’avaient pas respecté la procédure du Groupe relative à la déclaration des conflits d’intérêts, nous avions procédé à la révocation du directeur exécutif de notre filiale en Arménie, à la suite de quoi deux autres directeurs ont démissionné.
 
Concernant M. Lefaix, celui-ci a quitté ses fonctions en faisant simplement valoir ses droits à la retraite, et sans que cela n’ait de lien avec la gestion de Veolia Arménie.

S’agissant du contrat conclu par Veolia Arménie avec la société Tat Holding pour un montant de 89 000 euros (et non 2 millions d’euros), il couvrait un certain nombre de prestations dont certaines prestations d’ingénierie relativement pointues, et la société Tat Holding a été retenue à la suite d’une consultation à laquelle plusieurs autres sociétés ont pris part, parce qu’elle proposait le prix le moins élevé et le délai d’exécution le plus court.
 
Quant au chiffre avancé de 40 000 euros pour le prétendu coût d’utilisation du logo Veolia, il est tout simplement extravagant. »