Diyarbakir, une ville en état de choc

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Neuf mois après la fin des combats qui ont ravagé son centre historique, Diyarbakir, la métropole du Kurdistan turc, est encore en état de choc. Dans une ville quadrillée par les véhicules blindés et placée sous tutelle administrative, la peur domine mais la réorganisation du mouvement kurde a commencé.

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De notre envoyé spécial à Diyarbakir (Turquie). –  En ce samedi matin de décembre, une animation inhabituelle s’est emparée du parvis de l’Ulu Camii, la plus célèbre mosquée de Diyarbakir. Des snipers ont pris position sur les toits en terrasse et les balcons. Plusieurs blindés entourent la place et obstruent les rues adjacentes, tandis que des hommes lourdement armés déambulent en tenue de camouflage, le doigt sur la gâchette. Les forces de sécurité turques ne s’apprêtent pas à donner l’assaut contre une ultime poche de résistance des rebelles kurdes ou une cellule de l’organisation État islamique (EI). L’imposant dispositif est déployé pour assurer la protection du ministre de l’intérieur, Süleyman Soylu, venu se livrer à une opération de communication dans la principale ville kurde de Turquie.