#MeToo: au Japon, une journaliste obtient une (petite) victoire judiciaire

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Une des figures du mouvement #MeToo au Japon, la journaliste Shiori Ito, a obtenu mercredi que l’homme qu’elle accusait de l’avoir violée – un autre journaliste et un proche du premier ministre conservateur Shinzo Abe – soit condamné à lui verser plus de 27 000 euros de dommages et intérêts, un tiers de la somme qu’elle réclamait. 

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La journaliste freelance Shiori Ito, âgée de 30 ans, est devenue une des figures du mouvement #MeToo au Japon, où les femmes victimes de viol et de harcèlement sexuel doivent faire face aux préjugés et ont peu l’occasion de se faire entendre. En septembre 2017, elle avait eu le courage de déposer plainte contre un journaliste vedette, Noriyuki Yamaguchi, ancien chef du bureau de Washington pour une télévision privée et biographe du premier ministre Shinzo Abe. Elle l’accuse de l’avoir violée dans une chambre d’hôtel de la capitale nippone en 2015 après l’avoir droguée. Selon elle, M. Yamaguchi l’avait invitée au restaurant et lui avait fait miroiter une éventuelle embauche. Il a contesté cette version, affirmant qu’il avait succombé aux avances de la jeune femme. La justice avait prononcé un non-lieu, faute de preuves, d’où la décision de Shiori Ito de porter plainte au civil. Elle a publié un livre sur son histoire, La Boîte noire (publié en France par les éditions Picquier).