En Irak, l'efficace alliance des jihadistes avec les sunnites irakiens

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Les députés irakiens ont élu mardi le chef du parlement, ouvrant la voie à la formation d'un nouveau gouvernement considéré comme crucial pour faire face à l'offensive jihadiste. Dimanche, les islamistes ont revendiqué quatre des sept attentats ayant fait samedi 24 morts dans des quartiers chiites de Bagdad. Les combattants de l'EI ont réussi à s'emparer d'une partie du territoire et continuent leur avancée vers la capitale. Certes bien armés et équipés, ils doivent aussi leur force au ralliement de divers acteurs de la communauté sunnite.

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De notre envoyée spéciale au Kurdistan irakien. Adossés au mur jaune d'une maison, des hommes en noir et au regard grave attendent que le temps passe. Tous ont échoué à Kirkouk, au nord de l'Irak, après que leur village a été pris d'assaut par l’État islamique (EI). Bechir, localité turkmène chiite située à une vingtaine de kilomètres de la ville, est depuis le 17 juin vidée de ses habitants. « Je rentrais du travail quand le bruit a couru que les jihadistes venaient d'attaquer le village », témoigne Abou Mohammad, un quinquagénaire présent sur les lieux le jour de l'offensive. « Plusieurs dizaines d'hommes ont encerclé Bechir et nous ont bombardés avec des tirs de mortiers, j'ai vu qu'ils défonçaient les portes des maisons et qu'ils tiraient sur des civils. » Sans plus attendre, Abou Mohammad a sauté dans sa voiture avec sa famille et déguerpi vers Kirkouk. « D'autres n'en ont pas eu le temps. » Douze personnes sont mortes et autant sont portées disparues. Assis à côté de lui, Ali* en sait quelque chose : à la faveur d'un pourparler avec l'EI, il a recueilli les corps de trois de ses frères, tués le 17 juin. « Ils ont tous le même impact de balle derrière la tête, ils ont été exécutés », décrit-il tristement.