Amancio Ortega, un multimilliardaire très discret

Par et Julián Rodríguez

Même s’il a transmis le flambeau à ses filles, Amancio Ortega, l'homme le plus riche d’Espagne et troisième fortune mondiale, se rend tous les jours à Inditex, le groupe créateur de la marque Zara. Il façonne toujours l’avenir du géant mondial du textile et de la mode, tout en continuant à cultiver la discrétion. Portrait.

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Environs de La Corogne, Galice. Un dimanche quelconque. Le Club Financiero Atlántico, discret centre d’affaires érigé à la place d’une ancienne usine de produits laitiers, est fermé pour congé hebdomadaire. On est au milieu de la matinée et la réunion d’un groupe d’entrepreneurs locaux, amis de toujours, s’improvise dans une cafétéria à côté de canapés confortables. Fidèles à leur rendez-vous quotidien, les membres de ce groupe, qui compte une personne très spéciale, viennent aussi le dimanche. Certains sont en retraite, beaucoup sont liés aux concessions automobiles, aux agences de publicité et même au secteur textile et, parmi eux, il y a quelqu’un qui ne manque presque jamais le rendez-vous. Il partage le petit-déjeuner, lit la presse et, plutôt que de pontifier, ce qu’il pourrait faire, entame une conversation animée avec ses camarades de réunion. Et il le fait comme un rituel de plus de sa vie quotidienne. Du club financier, il va en général directement à Sabón (Arteixo), où se trouve le centre opérationnel du géant du textile Inditex, qui a fait de lui la troisième fortune du monde. Ce multimilliardaire plein d’habitudes, que l’argent a à peine changé, qui ne modifie sa routine que lorsque c’est nécessaire, et qui, pourrait-on dire, ne quitte pas le magasin, même s’il a cédé en 2011 la présidence du groupe qu’il a fondé à Pablo Isla, n'est autre que le citoyen Amancio Ortega.