Brésil: derrière la corruption, un «coup d'Etat à froid»?

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Le Brésil s'enfonce dans une crise politique inédite. Mais derrière le scandale de corruption qui touche le pouvoir et l'ancien président Lula apparaît un autre agenda qui est directement politique. Des juges engagés, des dirigeants de l'opposition déchaînés, une presse en campagne… Une partie de l'électorat de gauche, même critique du pouvoir, dénonce le risque d'un « coup d'État à froid », tandis que la destitution de Dilma Rousseff se précise.

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Rio de Janeiro, de notre correspondante.-  Comment faire face à un déjeuner de famille ce dimanche sans décider, à son issue, de claquer la porte et couper les ponts ? C’est une des préoccupations qui dominaient les réseaux sociaux ce week-end, dans un Brésil plus polarisé que jamais. Faut-il respirer à fond quand un beau-frère convaincu d’avoir réussi vous traite de « petralha », un jeu de mots sous forme d’insulte désignant les militants du Parti des travailleurs (PT) ? Ou ronger son frein quand une tante estime que vous n’êtes qu’une « coxinha », une friture brésilienne à base de poulet, dont l’assise suggère l’accommodation de la bourgeoisie conservatrice ?