Schwarze Pumpe (Allemagne), de notre envoyée spéciale.– En haut, des corps blancs allongés sur des rails noirs. En bas, des silhouettes sombres lèvent le poing, dos tournés au panache laiteux d’une centrale à charbon. Sur le pont ferroviaire, plusieurs centaines de personnes bloquent le passage de wagons de lignite pour empêcher la combustion de ce carburant fossile en vue de produire de l’électricité. Sur la route, près de deux cents personnes les invectivent et leur intiment de partir. « Dégagez ! », « Dehors ! », « On est chez nous ! ». Un homme quitte la foule et grimpe à travers les arbres jusqu’aux voies ferrées. Il lance un pétard vers les militants. Claquement blafard dans le clair-obscur d’une fin de journée de mai. Mouvement de panique sur les rails. Des camionnettes de police affluent et s’interposent entre les deux camps. Comme une toupie, la lueur bleue de leurs gyrophares éclaire les rangs des activistes et de leurs opposants.