Intraitable, la Slovaquie ne veut pas entendre parler de réfugiés

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En Slovaquie, les réfugiés n'existent pratiquement pas. Mais il n'est question que d'eux. Avant les élections de mars, les responsables politiques se livrent à une incroyable surenchère. Le premier ministre refuse d'en accueillir plus que quelques centaines. Reportage.

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De notre envoyé spécial à Bratislava (Slovaquie).- Dans la gare de Vienne, en Autriche, les réfugiés, parfois des familles entières, erraient dans la gare, avec rien ou presque sur eux, sinon des enfants dans les bras. À Bratislava, une heure de train plus loin vers l'est, ils ont disparu d'un coup, comme effacés du paysage. En ce début d'après-midi, la petite gare semble faire la sieste : le ronron quotidien d'une capitale de poche – un peu plus de 400 000 habitants. « Welcome to Slovakia ! » proclame une banderole bleue, qu'on imagine tendue par l'office de tourisme.

Pour les réfugiés, ce petit État de 5,4 millions d'habitants, indépendant depuis 1993, membre de l'Union européenne depuis 2004, mais aussi de la zone euro (2009) et de l'espace Schengen, est tout sauf accueillant. Dans l'actuelle discussion européenne sur des quotas de réfugiés, la Slovaquie est un des pays les plus intraitables, avec la Hongrie et la République tchèque, autres anciennes nations du bloc communiste qui ont intégré l'Union européenne. « Tant que je serai premier ministre, les quotas obligatoires ne seront pas appliqués sur le territoire slovaque », a martelé mardi soir le premier ministre slovaque Robert Fico, à l'issue d'une réunion des ministres de l'intérieur de l'UE.