Belgique : les nationalistes flamands au cœur du futur gouvernement

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Surprise à Bruxelles : un gouvernement de droite dominé par les nationalistes flamands devrait être mis sur pied à la rentrée. Un seul parti francophone serait de la partie. Certains s'inquiètent déjà d'une « coalition kamikaze ».

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De notre envoyé spécial à Bruxelles. La crise institutionnelle qui avait paralysé le pays pendant 541 jours, après les élections de 2010, ne se répétera sans doute pas : la Belgique est en passe de former, à la surprise quasi générale, un gouvernement ancré à droite, auquel devrait participer la NVA, le parti nationaliste flamand, grand vainqueur du scrutin du 25 mai dernier. Le PS d'Elio Di Rupo, allié de François Hollande à la table du conseil européen, serait relégué sur le banc de touche.

Le royaume de 11 millions d'habitants est extrêmement divisé, entre un Nord flamand et un Sud wallon, une capitale indépendante, Bruxelles, et une minorité germanophone, à la frontière avec l'Allemagne. Si bien que la composition politique d'une majorité pour gouverner le pays tient du travail d'orfèvre, au fil de négociations transpartisanes difficiles à suivre pour le grand public. La presse spécule depuis des semaines sur le type de coalition qui pourrait s'emparer du pouvoir au niveau fédéral.

Depuis la désignation par le roi, mardi, d'un couple de « formateurs », le libéral Charles Michel (francophone) et le chrétien-démocrate Kris Peeters (flamand), les choses se sont accélérées. C'est une formule totalement inédite dans l'histoire du royaume, qui devrait être expérimentée à partir de la rentrée : la « coalition suédoise », également appelée « coalition kamikaze » par ses détracteurs, qui la jugent suicidaire.