Les disparitions forcées en Egypte, «c’est pire que sous Moubarak»

Cinq ans après la « révolution », l’establishment égyptien cherche à faire disparaître toute trace de révolte. Pour asseoir son pouvoir, le président Abdel Fattah al-Sissi procède aux enlèvements d'opposants. Entre août et novembre 2015, une ONG a recensé 340 cas de disparitions forcées.

Nadia Blétry

25 janvier 2016 à 13h22

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De notre correspondante en Égypte (Le Caire).- Sur les murs de la rue Mohamed-Mahmoud, devenue l’un des symboles de la révolution de 2011, des fresques colorées rappellent les revendications (« du pain, de la liberté et de la justice sociale ») toujours de circonstance du soulèvement populaire qui avait abouti au renversement du régime autoritaire d’Hosni Moubarak. Un enfant aux yeux rougis de larmes, un morceau de pain dans les mains, regarde dans les yeux les passants de cette artère qui mène de la place Tahrir au ministère de l’intérieur. Le 25 janvier, jour du début de la révolution, est celui de la fête de la police en Égypte. Ces graffitis, fragments d’une histoire récente, résistent tant bien que mal à la nouvelle ère politique, mais sont de moins en moins nombreux, concurrencés par les murs blancs immaculés des immeubles fraîchement repeints.

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