Du Mexique aux Etats-Unis, la frontière ne s’ouvre pas

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Trump ou Biden : pour les migrants qui trouvent porte close, l’alternance à la tête du pays ne fait pas de différence. Les portes de l’immigration vers les États-Unis restent toujours closes. À Ciudad Juárez, ils sont des milliers à stagner dans l’insécurité, proies faciles de trafics d’êtres humains.

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Ciudad Juárez (Mexique).–  Devant le bâtiment de l’Institut migratoire mexicain de Ciudad Juárez, le garde de sécurité fait de grands signes pour dire aux journalistes de partir. « Il n’y a pas de migrants ici ! Pas de migrants. Allez voir à l’autre pont ! » Soudain, derrière lui, se profilent des silhouettes hésitantes, démentant ses paroles encore suspendues dans l’air. Un groupe d’une dizaine de femmes et quelques hommes, Honduriens, Salvadoriens et Guatémaltèques, chargés d’enfants, les plus jeunes portés sur la hanche ou sur le dos, les plus grands silencieux. Plus personne n’a de lacets. « Circulez ! Vous gênez la zone de transit ! », gesticule aussitôt le garde à leur adresse. Ils avancent, hagards, jusqu’à se retrouver seuls sur le trottoir.