Hausse de l’émigration tunisienne: d’une fuite de l’inconnu à une fuite vers l’inconnu

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La Tunisie fait face depuis le début de l’année à une reprise spectaculaire des départs de migrants vers l’Italie. Faute de pouvoir offrir un horizon à sa jeunesse désespérée dans un pays empêtré dans une crise économique, sociale et politique.

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« La réponse est claire : c’est non ! » Tahar Chérif, l’ambassadeur de la Tunisie auprès de l’Union européenne, a été l’un des premiers à réagir au projet à l’étude de « plateformes régionales de désembarquement » de l’Union européenne, soit en des termes plus francs, de camps visant à « trier » les candidats à l’exil aux frontières extérieures de l’Europe dans les pays tiers – de départ et de transit – notamment en Afrique du Nord. Pas question de céder à la vieille marotte européenne de délocaliser l’asile en partie au Maghreb, qui plus est dans la fragile Tunisie, seule rescapée des soulèvements arabes à être engagée dans un processus démocratique.