La Turquie d’Erdogan, autoritaire et en position de force à Bruxelles

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Officiellement, il ne sera question que d'une chose, lors du sommet UE-Turquie à Bruxelles dimanche : transformer ce pays voisin de l'UE en un État tampon pour bloquer le passage de migrants vers l'Union. Mais le contexte particulièrement tendu complique la rencontre.

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De notre envoyé spécial à Bruxelles. Avant les attentats de Paris et Saint-Denis, le sommet s’annonçait déjà très compliqué. Depuis le 13 novembre, le déplacement du premier ministre turc à Bruxelles, ce dimanche après-midi, se déroule dans un contexte encore plus crispé. La « guerre contre le terrorisme » voulue par François Hollande, mais aussi les risques d’une escalade régionale après la destruction d’un avion de chasse russe mardi par les forces turques, ou encore l’arrestation jeudi de deux journalistes de premier plan à Istanbul, rendent l’issue de la réunion UE-Turquie, consacrée, à l’origine, aux enjeux migratoires, très incertaine.

« Les discussions seront sans doute très musclées, mais rien ne transparaîtra en public, ou dans les conclusions », pronostique un fonctionnaire européen, qui suit de près le dossier. « Il y a une volonté de tous les participants de circonscrire les choses. Le dossier terroriste sera abordé parce qu’il est abordé dans toutes les réunions internationales du moment, mais ce n’est pas l’objectif de la réunion », relativise-t-on côté français. Si l’on s’en tient à l’agenda officiel, les discussions des 28 avec le premier ministre Ahmet Davutoğlu, figure de l’AKP, le parti présidentiel, ne doivent pas dépasser les deux heures et demie. D’autant que l’ouverture simultanée de la COP21, à Paris, devrait inciter les participants à la concision.