Syrie : offensive diplomatique pour une médiation, la Russie se rapproche de l’opposition

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Dernier allié du régime syrien avec Pékin, Moscou s’active cette semaine pour tenter de trouver une issue à la crise syrienne. Samedi 29 décembre, Lakhdar Brahimi, l’émissaire international de l’ONU pour la Syrie, se rendra dans la capitale russe.

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Le salut des Syriens viendra-t-il de Moscou ? Pour la première fois de manière officielle depuis le début d’un conflit qui dure depuis près de deux ans maintenant, le principal allié du régime de Bachar al-Assad tend la main à l’opposition syrienne. Le vice-ministre russe des affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a affirmé jeudi 27 décembre à l'agence Ria Novosti que la diplomatie russe avait envoyé une invitation au chef de la coalition de l'opposition syrienne, Moaz El-Khatib, afin qu'il participe à des négociations en vue d'un règlement du conflit syrien.

La Russie incite par ailleurs le régime syrien de Bachar al-Assad à faire le « maximum » pour concrétiser ses intentions de dialoguer avec l'opposition en vue de résoudre le conflit, a déclaré vendredi le ministre russe des affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Un premier pas qui marque un tournant : jusqu’à ce jour, la Russie – qui maintient une base militaire en Syrie et contribue au réarmement de l’armée régulière – et la Chine ont toujours bloqué les projets de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant le président Bachar al-Assad et ouvrant la porte à des sanctions voire au recours à la force.

En Syrie, le conflit se poursuit et du côté du régime d’al-Assad, les défections se succèdent. Mercredi 26 décembre, c’était au tour du chef de la police militaire, le général Abdelaziz Jassim al Challal, d’annoncer son ralliement à l’opposition, dans une vidéo diffusée sur You Tube.

Syria military police chief defects to opposition © AFP news agency

« L'armée a détruit des villes et des villages et commis des massacres contre une population sans arme qui manifestait pour réclamer la liberté », explique celui qui, selon une source officielle syrienne citée par le site de la chaîne France 24, devait de toute façon partir en retraite le mois prochain.

Moins rapide qu’annoncé cet été, la lente déliquescence du régime se poursuit néanmoins, comme l'expliquait Mediapart fin novembre (lire ici l'enquête de Caroline Donati). Reste le principal obstacle à une solution diplomatique : le départ de Bachar al-Assad, tabou pour le régime, condition sine qua non du dialogue pour l’opposition. Les Syriens réclament « un changement réel et tout le monde comprend ce que cela veut dire », a d'ailleurs affirmé Lakhdar Brahimi, l’émissaire international de l’ONU pour la Syrie qui, après avoir patienté plusieurs mois, a finalement rencontré le président syrien cette semaine. « Le changement réclamé ne doit pas être cosmétique, le peuple syrien a besoin et réclame un changement réel, et cela tout le monde l'a compris », a déclaré l'envoyé spécial de l'ONU et de la Ligue arabe lors d'une conférence de presse à Damas, au cours de laquelle il s'est en revanche bien gardé d'évoquer un possible départ de Bachar al-Assad. « Il faut former un gouvernement ayant tous les pouvoirs (…), qui assumera le pouvoir pendant la période de transition. Cette période transitoire prendra fin avec des élections », a-t-il cependant conclu.

Un gouvernement de transition, solution idoine pour un arrêt des combats en Syrie ? Le porte-parole de la diplomatie russe a déjà démenti jeudi l'existence d'un accord entre Moscou et Washington sur la constitution d'un tel gouvernement de transition, avec maintien du président syrien Bachar al-Assad jusqu'au terme de son mandat en 2014, sans possibilité de se représenter, comme cela avait été envisagé un temps. De son côté, le ministère français des affaires étrangères a de nouveau faire savoir, jeudi 27 décembre lors d’un point presse, que le président syrien, « qui porte la responsabilité des 45 000 victimes de ce conflit, ne peut faire partie de la transition politique » en Syrie.

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