A travers l'Europe du Sud, les stratégies divergentes des mouvements anti-crise

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Des mouvements sociaux à forte expertise ont surgi à travers l’Europe depuis le début de la crise. Plateforme anti-expulsions en Espagne, dispensaires de médecins volontaires en Grèce, collectifs de retraités contre l’austérité au Portugal… Certains ont fini par basculer dans l’arène électorale et bousculer le paysage politique. D’autres, à l’inverse, ont préféré garder leurs distances avec les institutions. Comment expliquer ces stratégies divergentes ? Tentative d’inventaire.

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Le manifeste, intitulé Guanyem Barcelona (« Gagnons Barcelone » en catalan), a été publié en juin 2014. Il amorce un virage décisif pour la vie politique espagnole qui, à l’époque, fait peu de bruit dans les médias nationaux. À l’approche des élections municipales prévues en mai 2015, ses premiers signataires – des activistes sociaux, des universitaires, des journalistes – expliquent pourquoi ils ont décidé de s’extraire des rangs des mouvements sociaux, en ébullition depuis 2011 à travers toute l’Espagne, pour rejoindre l’arène électorale. « L’heure est venue, écrivent-ils, de nous réapproprier les institutions, pour les mettre au service des majorités sociales et du bien-être commun. » Ils espèrent orchestrer, depuis la mairie de Barcelone, rien moins qu’une « rébellion démocratique » qui aurait valeur d’exemple pour l’Espagne et l’Europe.