La crise et le vote : après les élections municipales au Portugal

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Du soulèvement de la jeunesse de mars 2011 à la victoire surprise, à Porto, de l'indépendant Rui Moreira aux municipales de dimanche, le Portugal cherche en tâtonnant une nouvelle expression politique. Mais la « partitocratie », comme ailleurs, résiste.

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Bien avant les « Indignés » de la Puerta del Sol à Madrid, la jeunesse urbaine et souvent diplômée du Portugal, première victime, comme partout en Europe, d’une crise économique et sociale sans équivalent depuis les années trente du siècle dernier, avait fait éclater le cadre traditionnel de la protestation avec le mouvement « Geraçao à rasca ». Sans trouver la voie d’un débouché politique. La victoire surprise dimanche 29 septembre à Porto, deuxième ville du pays, d’un candidat véritablement indépendant, contre les machines politiques des partis du « bloc central », le PSD (centre droit) au « pouvoir » et le PS (centre gauche) dans « l’opposition », écrit une page nouvelle d’une histoire paradoxale, celle de la résistance des structures politiques traditionnelles aux bouleversements systémiques révélés par la crise.