Canan Kaftancioglu : «La fin de l’AKP est proche et inévitable»

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Présidente du parti d’opposition social-démocrate CHP à Istanbul et personnalité atypique de la scène politique turque, Canan Kaftancioglu a été condamnée en septembre à neuf ans et huit mois de prison pour d’anciens tweets. Elle revient sur ce verdict, la Syrie et la politique en Turquie.

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Istanbul (Turquie), de notre correspondant.– Dans les hautes sphères du principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple (CHP, centre-gauche), Canan Kaftancioglu détonne. Au cœur de cet univers très policé, peuplé d’ex-diplomates et d’anciens hauts fonctionnaires, essentiellement des hommes, cette fille d’instituteur devenue médecin urgentiste met les pieds sur la table et se passionne pour la moto, mais surtout s’investit dans des causes que peu de ses collègues osent approcher. La torture en Turquie – sujet de sa thèse de doctorat – ; les exécutions extrajudiciaires – elle a fondé la Plateforme pour la mémoire sociale – ; la mort fin 2011 de 34 jeunes contrebandiers kurdes dans un bombardement de l’aviation turque – des « enfants indésirables » pour lesquels elle a pris fait et cause dans un livre…