Après des années de traque, une victime du régime iranien fait arrêter un de ses bourreaux en Suède

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Pendant 20 ans, un ancien rescapé de la prison de Gohardasht a traqué un des responsables présumés des terribles massacres de l’été 1988, qui ont fait quelque 5 000 victimes. Il vient d’obtenir son arrestation à la faveur d’un voyage de celui-ci à Stockholm.

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Hamid Noury se croyait en sécurité en Europe. Il avait un visa Schengen en bonne et due forme, délivré par l’ambassade d’Italie à Téhéran. Il voyageait en tant qu’avocat dans le but de négocier des arrangements financiers avec des familles d’exilés iraniens à propos de leurs biens confisqués après la révolution islamique. « Surtout des monarchistes, car ce sont eux qui avaient des propriétés », précise un opposant qui suit ces affaires. Ce que Hamid Noury ignorait, c’est qu’un ancien prisonnier politique, Iraj Mesdaghi, le suivait à la trace depuis une vingtaine d’années. Détenu à la fin des années 1980 à la prison de Gohardasht, connue aussi sous le nom de Rajaei Shahr, près de la ville de Karadj, non loin de Téhéran, il avait croisé à plusieurs reprises Hamid Noury, qui avait pris alors le pseudonyme de Hamid Abassi, et officiait comme assistant du procureur du centre pénitentiaire.