Pyongyang tire son épingle du jeu de dupes en Asie

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Alors que la pax americana s’effondre en Asie-Pacifique et que le président américain Donald Trump ne se fie qu’à sa suffisance, l’archaïque Corée du Nord avance ses pions et s’adapte à l’ordre mondial mourant comme à celui qui naît. Avec un savoir-faire bluffant.

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À Pyongyang, en avril 2000, dans le musée que la République populaire démocratique consacre à la guerre de Corée (1950-1953), je m’étais essayé à faire enrager les guides – j’étais venu incognito au sein d’un groupe de touristes français et notre interprète m’avait alors confié : « Avec vous, au moins, nous sommes sûrs que vous n’êtes pas journaliste, tellement ceux-ci ne cherchent qu’à se faire oublier. » Mon petit jeu consistait à réclamer de voir une photographie du Grand Leader, le maréchal Kim Il-sung (1912-1994), sur la ligne de front – l'homme était courageux mais pas téméraire. On avait fini par me dénicher une grande peinture propagandiste. Mouais…