Mediapart révèle le dossier «secret défense» des ventes d'armes du gouvernement Balladur à l'Arabie saoudite au cœur de l'enquête du juge Van Ruymbeke dans le volet financier de l'affaire Karachi.Un courrier d'avocat évoque des versements d'argent occulte à Léotard.Le marchand d'armes Takieddine devait encaisser 213 millions d'euros.Il a finalement perçu une compensation de 91 millions d'euros.Un ancien responsable de l'armement français parle d'un «crime contre l'Etat».
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Mediapart a mis en ligne sur son site FrenchLeaks les documents Takieddine. Ces documents jettent une lumière crue sur la proximité de Ziad Takieddine avec le clan Sarkozy, amitié partagée sur son yacht ou dans ses propriétés, intervention dans le cadre d'une diplomatie parallèle en vue de mirifiques contrats avec des régimes aussi peu recommandables que ceux de Mouammar Kadhafi en Libye, ou Bachar El-Assad en Syrie...
Alors que Ziad Takieddine aurait tenté de disperser son patrimoine, sa femme, Nicola Johnson, a obtenu, début août, le gel des avoirs du marchand d'armes proche du clan Sarkozy par une juge aux affaires familiales. Par ailleurs, le juge Renaud Van Ruymbeke, chargé du volet financier du dossier Karachi, s'empare de l'affaire et a fait convoquer pour ce mardi l'épouse de l'homme d'affaires franco-libanais, en instance de divorce, par la police.
Les frontières des compromissions du sarkozysme avec les régimes autoritaires s'agrandissent. Après le Pakistan, l'Arabie saoudite et la Libye: la Syrie. Alors que les forces de sécurité syriennes continuent de réprimer dans le sang les manifestations, Mediapart publie une série de documents inédits qui prouvent que le marchand d'armes Ziad Takieddine, soupçonné de financement politique occulte dans l'affaire Karachi, a été, entre 2007 et 2009, l'homme-orchestre du rapprochement entre la France et la Syrie et l'introducteur du président français auprès du chef de l'Etat syrien. Le tout sur fond d'intérêts financiers.
Comment les Etats de la région et les principales puissances mondiales se préparent au changement potentiel de régime à Damas? Petit tour d'horizon des enjeux et perspectives vus de Tel-Aviv, Beyrouth, Ankara, Gaza, Moscou, Paris, Washington, Doha et Téhéran.
Nicolas Sarkozy a dû reculer: l'Otan prendra en charge l'essentiel des opérations militaires en Libye. Le conseil européen devrait se pencher vendredi sur l'«après-Kadhafi» et la sortie de conflit. En Syrie, le régime lâche du lest après les combats de Deraa qui auraient fait cent morts. Les manifestations continuent de secouer le Yémen.
Une nouvelle manifestation contre l'ambassadeur de France, Boris Boillon, a eu lieu samedi à Tunis. Partenaire de WikiLeaks, Mediapart dresse ici son portrait tel qu'il ressort de la trentaine de câbles diplomatiques américains où il est mentionné. On y découvre un protégé de Sarkozy parlant de «profonde “maladie” arabe». «Ignorance», «incohérences», «erreurs historiques»: les diplomates US ne sont pas tendres.
Comme Barack Obama, Nicolas Sarkozy veut se poser en médiateur, en l'occurrence entre Israël et la Syrie. Et pour le chef de l'Etat comme pour son homologue américain, il s'agit davantage d'occuper le terrain en amorçant un processus que de compter sur l'illusoire issue d'un conflit dont ils ne possèdent pas les clés.
Le raid américain mené, dimanche 26 octobre, dans un village syrien frontalier de l'Irak, et qui a fait huit morts, est l'occasion pour les Etats-Unis de rappeler la priorité de leur politique régionale: la lutte contre le terrorisme. Dans ce contexte, Damas espère qu'une victoire de Barack Obama rapprochera Washington de la table des négociations. Mais les Syriens ne se font guère d'illusion...