«Mare Magnum», la conquête du pouvoir sur l'île de Lampedusa

Par Tënk & Mediapart

Sur ces 20 km2 devenus le cimetière de la Méditerranée, Giusi Nicolini est devenue en 2012 maire de Lampedusa, en parlant de « dignité de l’accueil », en promettant de « se mettre sur la plage et [de] parler au Maghreb », et en refusant d’opposer les droits des insulaires à ceux des naufragés. Le réjouissant documentaire d’Ester Sparatore et Letizia Gullo tire sa force de la dialectique entre les préoccupations des 6 000 insulaires et les enjeux internationaux.

La lecture des articles est réservée aux abonnés.

Lampedusa, durant l’hiver 2011, est abandonnée à son sort. Après les révolutions arabes, cette île sicilienne voit s’échouer sur ses côtes des milliers de migrants. Le gouvernement Berlusconi détourne le regard, les tour-opérateurs leurs circuits touristiques. Dans ce marasme total, les élections municipales de mai 2012 voient surgir une candidate iconoclaste, écologiste convaincue et courageuse. Les réalisatrices Ester Sparatore et Letizia Gullo la suivent en meeting devant quelques dizaines de personnes, tentant de convaincre des restaurateurs, discutant avec sa coiffeuse… Loin des grandes machineries électorales, sa campagne montre que la dignité et l’humanité font aussi les victoires.