Expulsés des Jeux olympiques: «Pourquoi on ne peut pas rester?»

Au moins 400 personnes vont perdre leur logement en raison de la construction du village olympique pour les Jeux que Paris accueillera en 2024. Des entreprises employant près d’un millier de personnes doivent déménager. Mediapart a passé une semaine avec les expulsés des Jeux et leur donne la parole. Le Comité international olympique tient une réunion de « revue de projet » les 26 et 27 novembre à Paris.

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  1. Saint-Denis, novembre 2019. C’est ici que le village olympique doit ouvrir durant l’été 2024 : dans ce quartier de Saint-Ouen qui ne porte pas vraiment de nom, entre la vieille ville audonienne et la Cité du cinéma de Luc Besson, en bordure de Saint-Denis et de l’Île-Saint-Denis. Une fois les meilleurs athlètes mondiaux partis, il deviendra un éco-quartier, destiné à accueillir jusqu’à 6 000 habitant·e·s et 6 000 salarié·e·s.

    Mais ce territoire banlieusard, ancien havre industriel, où la société Esso entreposa longtemps ses cuves de carburant, n’est pas vide. Plusieurs centaines de personnes y dorment chaque soir : travailleurs immigrés logés en foyer, étudiants de la grande école d’ingénieurs Supmeca, personnel de la résidence étudiante, du collège Dora-Maar, de l’école maternelle Anatole-France. Plus de 400 personnes vont perdre leur logement pour céder la place au chantier olympique (lire ici notre enquête). Autour d’eux, les entrepôts et sièges de nombreuses entreprises de divers secteurs (plomberie, hôtellerie, restauration, formation de kinésithérapeute, etc.) employant près d’un millier de personnes, selon le volet économique de l’étude d’impact, doivent être rasés à partir de 2020. La Société de livraison des ouvrages olympiques (Solideo), l’établissement public chargé de financer, superviser et livrer les ouvrages et opérations d’aménagement, assure multiplier les propositions pour accompagner et compenser les sortants.

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