Nationale 43: sur la route du FN à 50% (et plus)

Dans ces villages perdus des Ardennes, on ne rencontre ni la misère ni le désespoir, mais l'aigreur et la colère. Dès le premier tour, le Front national y a atteint des sommets. Sur ce plateau ardennais, en partant de Charleville-Mézières, la nationale 43 traverse des communes qui se sont prononcées dimanche dernier, lors du premier tour des régionales, à plus de 50 % en faveur de la tête de liste Florian Philippot. Rimogne (51 %), Tarzy (61 %), Maubert-Fontaine (50 %), Tremblois-lès-Rocroi (58 %)… Rencontres. 

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  1. À Rimogne, sur 1 471 habitants, Grégory Truong est le seul enfant d’immigrés du village. Ce qui ne l’a pas empêché d’être élu maire en 2014, sans étiquette, avec un conseil municipal qui couvre « un très large spectre » de convictions. Il a hésité à nous parler. D’autant, dit-il, que jamais on ne l’a renvoyé à ses origines. Bien sûr, il est marié à une autochtone. Certes, il n’est ni noir ni arabe. « Mais quand même : les habitants m’ont choisi pour les représenter. »

    À 45 ans, Grégory Truong, fonctionnaire territorial à Charleville, cherche désespérément à percer l’épais brouillard qui entoure ce vote à 51 % pour le FN. « Il y a quelque chose ici qui relève de l’insularité. C’est un territoire très replié sur lui-même. On a peur de l’invasion, de l’intrusion alors qu’on n’est pas concernés le moins du monde par cette problématique-là. D’ailleurs, au quotidien, j’en entends peu parler : on m’interpelle pour des problèmes de voisinage. Et comme il n’y a pas de voisins immigrés… » Il y en avait bien un ! Le médecin du village, malgache, qui a exercé là pendant 20 ans. Mais il est parti. La baisse de 50 % de la population immigrée à Rimogne n’a pas empêché le FN de grimper.

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