Combien de personnes seront-elles concernées par le décret organisant l'encadrement des loyers, et pour quelles économies ? Le ministère n'en sait rien. Les chiffres disponibles n'en disent pas davantage. Le projet de décret, entre les mains du Conseil d'État, devrait pâtir de ces imprécisions.
L'envolée des prix des logements et des loyers au centre des capitales ou de grandes villes européennes est une réalité. La perte de diversité sociale qui l'accompagne également. Mais les expédients, souvent fortement teintés de démagogie, ne sont jamais la bonne réponse. L'expérience de Lisbonne, dévastée par le blocage des loyers, en témoigne.
L’encadrement des loyers ? « C’est exactement le contraire de ce qu’il faut faire », déclarait Nicolas Sarkozy, fin janvier. Finalement, le candidat UMP se dit favorable à la mise en place d'un dispositif inspiré du modèle allemand Mietspiegel (miroir des loyers). Une proposition très proche de celle de François Hollande qui choisit pour sa part de réanimer la loi Mermaz de 1989.
Selon nos informations, le ministère des finances prépare une diminution d'un tiers des aides au logement. Les aides à l’hébergement des plus défavorisés seraient aussi rabotées. Ces crédits profitent pourtant aux foyers les plus modestes.
Nicolas Sarkozy avait promis des mesures « extrêmement puissantes » sur le logement le 18 janvier. C'est finalement une « mesurette » qu’il a annoncée, dimanche soir, en proposant d'augmenter de 30 % le coefficient d'occupation des sols.
Expulsés par la préfecture de Seine-Saint-Denis, les « occupants sans droit ni titre » se retournent vers les élus locaux... qui engagent à leur tour des procédures.
Des caves, des chambres de bonne colonisées par la vermine... Aujourd'hui, tout se loue et à n'importe quel prix. Des «petits affairistes» profitent de la crise du logement pour arrondir leur retraite, au risque d'être rattrapés par la justice qui n'hésite plus à condamner ces bailleurs de la misère à des peines de prison. Comme ce lundi à Gennevilliers.
C'est un procès emblématique qui s'est tenu, lundi 7 novembre, au tribunal de grande instance de Nanterre où était jugé le propriétaire d'un immeuble insalubre dans lequel vivaient une vingtaine de personnes, dont quatre enfants. La ville de Gennevilliers (Hauts-de-Seine) s'est portée partie civile pour faire de son combat contre l'habitat indigne une cause nationale.
Spéculation immobilière, flambée des prix, mal-logement, expulsions, difficultés pour les familles les plus précaires... La crise du logement n'en finit pas de grandir, en particulier en Ile-de-France, où un département, la Seine-Saint-Denis, cristallise la plupart des problèmes. Entre querelles politiques et désengagement de l'État, les municipalités du 93 cherchent tant bien que mal des solutions.
Trois cents personnes squattaient une ancienne imprimerie à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Expulsées dans le calme samedi 30 juillet, elles ont été brutalisées quelques heures plus tard par des policiers qui souhaitaient leur dispersion. Alors que l'hébergement social traverse une crise sans précédent, le DAL dénonce la volonté du gouvernement «de cacher la misère».
Neuf mois après leur expulsion médiatisée, la majorité des squatteurs de La Courneuve ne bénéficient plus d'un hébergement à l'hôtel depuis le lundi 18 avril. Ils se sont rassemblés place de la Fraternité, à La Courneuve.
A Chêne pointu, cité en copropriété de 1.500 logements, les appartements sont achetés quelques milliers d'euros pour être loués pièce par pièce à des tarifs prohibitifs.
Une enquête d'Edouard Zambeaux.
La crise économique et l'absence de politique publique conduisent la Fondation Abbé-Pierre à dresser un bilan catastrophique de la situation du logement en France. Son rapport annuel évoque une «exposition croissante des classes moyennes» touchées par l'«étranglement budgétaire».
Pour eux pas question de logement. Alors ils se sont arrangés avec des abris de fortune, de la camionnette aménagée à la baraque en planches. C'est cet habitat précaire que le projet de loi sur Loppsi 2, débattu au Sénat, veut supprimer en créant une procédure d'expulsion expéditive aux mains des préfets. Reportage sur leurs occupants, chômeurs, saisonniers, étudiants, Roms.
En dix ans, les loyers à la relocation ont doublé dans la capitale! La Ville de Paris veut encadrer les loyers du secteur privé dès cette année en reprenant la loi Mermaz de 1989. Ce dispositif avait montré ses limites. Un article de Noémie Rousseau.