Au moins 337 sans domicile fixe sont morts en France en 2008. Et sans doute plus. Mais l'Etat refuse de mesurer cette tragédie. Mediapart a donc décidé de s'associer au collectif Les morts de la rue pour dénoncer un double scandale: l'incurie des politiques publiques, et la volonté des gouvernants de cacher que la rue tue. La carte des sans-abri décédés cette année montre que toutes les régions sont touchées. Et rappelle que, quand on vit à la rue, on meurt en moyenne à l'âge de 49 ans, que ce soit de violence, de maladie ou simplement d'isolement.
Christine Boutin accède aujourd'hui à une vieille revendication du DAL (Droit au logement) déjà expérimentée par la Ville de Paris ou la capitale britannique. Il s'agit de rendre le logement privé accessible aux familles les plus modestes en introduisant des acteurs intermédiaires qui se portent garants: les associations. Objectif: toucher 5.000 familles par année. Explications.
François Fillon a donné un mot d'ordre hier: zéro refus d'hébergement pour le réveillon de la Saint-Sylvestre. Une façon d'avouer qu'en temps normal, ces refus sont nombreux, contrairement à ce qu'essaie de faire croire Christine Boutin. Un document qu'elle avait commandé, qu'elle s'est bien gardée de diffuser, mais publié par Mediapart démontre cette mauvaise foi de la ministre: en temps normal, la moitié des demandes d'hébergement ne sont pas satisfaites, et ces refus s'expliquent dans 73% des cas par le manque de places disponibles.
Le droit au logement opposable entre en vigueur lundi 1er décembre. Il met l'Etat devant ses responsabilités, mais à défaut d'un nombre de logements suffisants, nul ne sait comment il pourra être appliqué. L'examen des premiers dossiers, très secret, a révélé des pratiques contradictoires selon les territoires. Le risque étant que chaque commission ait une interprétation restrictive de ce droit afin de gérer au mieux la pénurie.
Au Sénat, Christine Boutin et l'UMP ont présenté des mesures visant à encourager certaines familles à quitter leur HLM. Celles qui vivent dans des appartements trop grands, celles qui auraient les moyens de se loger ailleurs. Le PS et le PC ont défendu les droit de ces locataires et plaidé pour une nécessaire mixité sociale. La droite les a accusés de privilégier les locataires riches au détriment de ceux qui attendent depuis des mois ou des années un logement social.
Devant les sénateurs, la ministre du logement espérait modifier la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) qui impose aux communes un quota de construction de 20% de logements sociaux. Mais pour des raisons tout aussi politiciennes que de fond, sa majorité l'a très largement désavouée. Un nouveau revers pour la ministre à qui aucune humiliation n'est épargnée.
Le projet de loi de la ministre du logement a été démoli par quelques sénateurs de droite. La mesure visant à modifier l'obligation faite aux communes de construire 20% de logements sociaux devrait être rejetée et les ponctions budgétaires prévues sur le 1% logement sont dénoncées. Hier soir, l'Elysée tentait de remettre de l'ordre dans la majorité sénatoriale. Lire aussi:
L'Etat ne loge pas les plus pauvres: les réactions à notre enquête.
Chaque année, l'Etat et les collectivités locales dépensent toujours plus pour héberger les sans domicile fixe. Dans le plus grand désordre, ces budgets explosent. Et à cela s'ajoutent des coûts indirects colossaux, notamment en termes de santé publique, qui n'ont jamais été calculés. Alors que Christine Boutin présente devant le Sénat son projet de loi contre l'exclusion, le gouvernement ne semble pas comprendre qu'investir durablement dans le logement social lui permettrait à moyen terme de faire des économies qui se chiffrent en milliards d'euros. Lire aussi:
Le détail des mesures du projet Boutin et la remise en cause de la SRU
Christine Boutin présente mardi son projet de loi sur le logement au Sénat. Alors qu'il était très attendu, le texte signe un désengagement de l'Etat, qui demande à ses partenaires de se mobiliser financièrement pour compenser son retrait. Le logement avait pourtant été érigé en «priorité nationale» par le gouvernement.
Christine Boutin espère récupérer 800 millions dans les poches du 1% logement. Est-ce bien le rôle de celui-ci de venir en aide à un Etat qui n'a pas les moyens de boucler ses fins de mois? Retour sur les orgines du 1%, sur l'évolution des ses missions et de sa gestion.
Christine Boutin devrait présenter, lors du conseil des ministres du 28 juillet, un projet de loi remettant en cause la loi SRU, qui impose aux communes un seuil de 20% de logements sociaux. Elle envisage de vider cette mesure de sa substance, pour privilégier la piste d'une "France de propriétaires". 40% des villes ne respectent par leur quota de 20%, selon la fondation Abbé-Pierre. Et 67 n'ont pas dépensé un centime pour bâtir des HLM entre 2002 et 2005. Les socialistes, de leur côté, proposent d'améliorer la loi SRU et surtout son mécanisme de sanction.
Avec des prix qui ont plus que doublé en sept ans, se loger sur la Côte d'Azur est devenu mission impossible. Dans le secteur public comme dans le privé, beaucoup de salariés renoncent donc à venir travailler dans une région qui faisait autrefois rêver. Les élus tardent à réagir, ignorant les besoins de logements pour "actifs" et favorisant l'immobilier de tourisme. Les entreprises s'alarment et s'organisent. A terme, c'est tout le dynamisme économique de cette région qui est menacé. Lire aussi notre reportage sur la chasse aux logements vides à Nice.
Etre propriétaire d'un appartement, c'est aussi s'acquitter des charges collectives. Aujourd'hui, essentiellement en périphéries des grandes villes, de plus en plus de copropriétés privées dépérissent, faute d'argent et d'entretien. Les pouvoirs publics commencent à s'emparer du problème.
Pour la première fois, une sociologue a compilé des études sur la politique de rénovation urbaine mise en œuvre depuis 2003. Mediapart s'est procuré le document. Dans les quartiers sensibles où des tours ont été détruites, et malgré les budgets colossaux engagés, la qualité de vie n'a pas fondamentalement changé. Surtout, la mixité sociale de ces quartiers semble en danger. Lire également: en pleine crise du logement, faut-il continuer à démolir?
Le ministère du Logement a lancé mardi midi le dispositif «Propriétaire de ma maison pour 15 euros par jour».
Le bonheur d'habiter en pavillon, un reportage photo de Nicolas-François Mison à regarder en cliquant sur le lien ci-dessous.