Paris-Moscou, allers et retours en classe tous risques

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Traduit en français pour la première fois, le journal bilingue de Gueorgui Efron, fils de Marina Tsvetaeva, est un document exceptionnel. Le quotidien d’un adolescent qui a grandi en France, parti pour Moscou : happé par les purges, la guerre, la désintégration de sa famille. Luba Jurgenson, elle, dans Au lieu du péril, explore, d’anecdotes en réflexions, ces allers-retours entre deux langues qui l’ont construite. Avec en prime deux joyaux réédités chez Actes Sud.

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C’était un blouson suspendu au mur, d’un bleu prolétarien. Là, dans un coin sombre de la permanence du député de Korolev (« la ville de l’espace ») s’entassaient encriers et théières, pyjama et photographies, la liste des courses et une valise rentrée du Goulag (en bois chevillé, pas de clous pour les détenus) : les effets personnels de la poétesse Marina Tsvetaeva, de Sergueï Efron, son mari, d’Ariadna et Gueorgui, leurs enfants. À quelques mètres, s’empoussiéraient Gagarine sous cadre et maquettes de fusées.