Bernard Chambaz: «Le soleil sous lequel ont vécu Verlaine, Desnos et du Bellay»

Par Gérard Noiret (En attendant Nadeau)

À l’occasion de la sortie de son dernier recueil, Etc., le poète et romancier Bernard Chambaz parle du chemin tracé par Apollinaire et Cendrars, de lumière ensoleillée et de sa manière d’écrire, « un équilibre à trouver entre l’oreille et l’œil ».

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Dès & le plus grand poème par-dessus bord jeté paru en 1983, Bernard Chambaz a attiré l’attention des lecteurs pressentant qu’une nouvelle génération frappait à la porte. Loin de faire allégeance aux thèses des avant-gardes virant à l’académisme, son écriture tenait néanmoins compte de ce qu’avaient eu de pertinent leurs critiques de la littérature. Elle les intégrait pour éviter tout ce qui, lyrique, réaliste ou surréaliste, relevait d’une forme de poétisme. L’esperluette du titre disait que l’auteur intervenait d’abord dans le champ de la lecture muette (celle que Roubaud nomme « l’auralité »), et les douze syllabes, qu’il n'y avait pas de forme coupable. Le latin de Corpus, deux années plus tard, revendiquait, lui, un enracinement dans ce que la culture classique avait de fondateur et de nécessaire à la perception du présent. Sans taire la part obscure de l’humain, sans afféterie, ses poèmes, dans des séquences comme perpendiculaires à ce qu’aurait été un récit du vécu, restituaient le caractère « radieux » de l’Italie et de certains moments d’existence.