Nathan Englander, un monde corrodé

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Avec Parlez-moi d’Anne Frank, Nathan Englander ouvre des portes, revisite la Shoah, évoque Israël et les territoires occupés. L’un des « vingt écrivains pour le XXIe siècle », selon le New Yorker, célèbre la puissance de la fiction pour dire le réel dans toute sa complexité. Entretien.

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« Moi, j’adore ce genre d’histoires », déclare l’un des personnages du dernier recueil de nouvelles de Nathan Englander, récent finaliste du Pulitzer pour Parlez-moi d’Anne Frank. Mark vient de lui raconter comment son père, survivant de l’Holocauste, tentant en vain d’enfiler ses chaussettes dans les vestiaires avant d’aller faire un golf, s’est retrouvé assis à côté d’un homme qui a lui aussi un numéro tatoué sur le bras. « C’est le même chiffre que le numéro de déporté de mon père, chiffre pour chiffre, mais celui de mon père se termine par un huit. Et, celui du type, il se termine par un cinq. La seule différence. Je veux dire, entre eux, il y a deux personnes. »