On le dépeint ombrageux, rentre-dedans et pas toujours coopératif. Le jour de l'ouverture de l'exposition "Tatoueurs, tatoués" au Quai Branly, Tin-tin – figure incontournable du tatouage français et fondateur du SNAT (Syndicat national des artistes tatoueurs) – était pourtant rayonnant dans ses pompes cirées à bout pointu, chantant haut et faux un refrain de Tom Jones, rires et bruits de trompette à l'appui. Un parfum de victoire flottait dans l'air : quelques jours avant d'être endeuillé par la mort de HR Giger – maître du style biomécanique –, le milieu du tatouage sortait de l'ombre de ses mauvaises réputations.