Messaouda Dendoune, l’exil des pauvres

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Le journaliste Nadir Dendoune filme sa mère, Messaouda, 82 ans, dans le huis clos de son petit appartement en banlieue parisienne. Un témoignage rare d’une femme immigrée forcée de quitter sa Kabylie pour rejoindre son mari ouvrier dans les années 1960 en France. Une réflexion universelle sur l’exil, la solitude, la vieillesse.

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Messaouda Dendoune est née en 1936 « quand les fèves mûrissent ». Dans ses montagnes de Kabylie, c’est ainsi qu’on date les naissances, approximativement, selon les saisons, « pendant la neige », « au printemps ». « Ce devait être en juin », déduit-elle devant la PD 100 de son fils Nadir, une caméra à cassette d’un autre âge. Ils sont dans la cuisine de son petit HLM de la cité Maurice-Thorez en Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne.