Des programmes d'histoire à vau-l'eau

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L'enseignement de l'histoire au collège et au lycée fait à la fois les frais d'une panne de transmission et d'un règlement de comptes politique ourdi par la droite. Les réactions les plus bruyantes, venues des «milieux nationaux», ne sont pas les plus perspicaces. Analyse.

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L'histoire est parfois «girondine», au sens lamartinien. Le poète, au terme de sa monumentale Histoire des Girondins (1847), aboutissait à cette synthèse à propos de la Révolution, qui constitua longtemps la clef de voûte intellectuelle et morale de la République: «Une nation doit pleurer ses morts, sans doute, et ne pas se consoler d'une seule tête injustement et odieusement sacrifiée; mais elle ne doit pas regretter son sang quand il a coulé pour faire éclore des vérités éternelles.» Empathie et audace. Espérance critique, de surcroît: «L'histoire de la Révolution est glorieuse et triste comme le lendemain d'une victoire et comme la veille d'un autre combat.»