La justice annule le visa d'exploitation de «La Vie d'Adèle»

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Saisie par une association catholique traditionaliste, la cour administrative d'appel de Paris a estimé que le film, primé à Cannes en 2013, comportait des « scènes de sexe réalistes » qui seraient « de nature à heurter la sensibilité du jeune public ». Jusqu'à présent interdit au moins de 12 ans, La Vie d'Adèle devra obtenir un nouveau visa délivré par le ministère de la culture.

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La cour administrative d’appel de Paris a annulé, dans une décision rendue mercredi 9 décembre, le visa d’exploitation du film La Vie d’Adèle, jusqu’à présent interdit aux moins de 12 ans, en raison de « scènes de sexe réalistes » qui seraient « de nature à heurter la sensibilité du jeune public ».

La justice avait été saisie par l’association catholique traditionaliste Promouvoir qui demande que le film d’Abdellatif Kechiche, sorti en 2013, soit interdit aux moins de 18 ans. En septembre 2014, le tribunal administratif avait débouté l’association en première instance mais celle-ci avait interjeté appel.

La cour administrative d’appel s’est donc rangée aux arguments de Promouvoir en estimant que « plusieurs scènes de sexe présentées de façon réaliste, en gros plan » sont « de nature à heurter la sensibilité du jeune public ». Le ministère de la culture « ne pouvait, sans commettre d’erreur d’appréciation » au regard de la loi, « accorder un visa d’exploitation comportant une interdiction limitée aux mineurs de 12 ans », assortie de messages d’avertissement, affirment les juges administratifs.

La ministre Fleur Pellerin a désormais deux mois pour « procéder au réexamen de la demande de visa ». Selon Le Monde, elle aurait décidé de faire appel de cette décision devant le Conseil d’État.

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