L’esprit du 11 janvier et la danse macabre de la laïcité

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Manuel Valls vole « en défense de l'esprit du 11 janvier ». Mais cet esprit s’est mué en une mêlée confuse, une danse macabre avec son cortège de masques grimaçants, de postures héroïques et de dénonciations. Et le tour de passe-passe s'opère: la restriction des libertés au nom de la défense de la liberté, les déclarations bellicistes au nom de la paix, une laïcité sacralisée et instrumentalisée. Décryptage.

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« L’esprit du 11 janvier » tombé sur des millions de manifestants rassemblés à la mémoire des victimes des attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo et l’Hyper Casher de Vincennes s’est mué en une mêlée confuse, une danse macabre avec son cortège de masques grimaçants, de postures héroïques et de dénonciations. Des lendemains de l’attentat, marqués par une authentique émotion collective, aux manifestations qui ont suivi – spontanées au début puis scénarisées par les médias et les autorités –, de l’éclosion virale et transmédiale des #jesuisCharlie à la Pentecôte de « l’esprit du 11 janvier », une brand line est censée fédérer sous une même ligne marketing les effets confus, ambigus, de l’événement.