Climat: l’urgence de déranger les récits

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Face à la catastrophe écologique, de nombreuses voix s’élèvent aujourd’hui pour rouvrir les récits du changement climatique et y faire entrer les êtres, les peuples et les histoires qui en ont été trop absents. De l’écrivain indien Amitav Ghosh à l’activiste amazonien Ailton Krenak en passant par toute une nouvelle génération militante.

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Cinq ans après, que reste-t-il de l’Accord de Paris sur le climat ? Une promesse, celle d’un engagement, et un symbole : l’acte solennel de la signature par 195 États du premier traité de l’histoire affichant l’ambition d’arrêter le dérèglement du climat. En établissant l’objectif de contenir le réchauffement « bien en dessous de 2 ° » et de poursuivre les efforts pour le réduire à + 1,5 °, l’Accord de Paris a consacré dans son texte l’idéal du dépassement des intérêts nationaux particuliers et de court terme. Ces deux chiffres de température, désormais répétés ad nauseam, peuvent sembler galvaudés aux oreilles du public. En réalité, ils impliquent des baisses très importantes d’émissions, et donc des changements fondamentaux dans nos systèmes de mobilité, d’habitat, de commerce. En ce sens, l’Accord de Paris fut l’esquisse d’une reconnaissance des communs, entendus dans leur sens le plus politique, comme l’ensemble des activités collectives de celles et ceux qui s’opposent à l’appropriation privée de biens essentiels et irréductibles : l’eau, l’air, les forêts, les mers…