La «valise d’amour» de Marceline Loridan-Ivens

Par Maïté Bouyssy (En attendant Nadeau)

Le dernier livre de Marceline Loridan-Ivens, L’Amour après, est celui de tous les paradoxes, et de toutes les libertés. D’Auschwitz à Saint-Germain-des-Prés, ce récit est intempestif : il fonde ce qui aide à vivre dans le dédoublement d’une personne face à un siècle dont elle n’a ignoré ni la violence ni les errances.

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Plongée dans l’outrance du monde, et la trace de soi, la simple trace, Marceline Loridan-Ivens fait de la force d’inventer une arme qui rompt l’ordre du commun, de façon inébranlable, dans sa singularité aiguë, tous comptes faits, et dans le combat de l’armure à fendre. L’Amour après n’est pas un livre dicté, c’est une pensée qui surgit, non pas d’une vieille dame aux souvenirs chancelants, mais d’une parole écoutée plus que suscitée, et elle ne cesse d’ailleurs de remercier Judith Perrignon de n’utiliser que ses propres mots. Je dirai plus : c’est son ton qui s’y entend, un tempo.