Pasternak, Grossman, Mandelstam: qu'est-ce qu'écrire ? (1/2)

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Trois géants de la littérature du XXe siècle, trois Russes, trois amoureux, trois juifs, tous trois morts – diversement – à cause de leurs œuvres. Trois biographies bouleversantes et éclairantes : les purges, la terreur, les « dégels » appartiennent au passé. La liberté de création, les victoires des médiocres, la nécessité intérieure, le combat contre le conformisme sont de tout temps. Aujourd'hui : Pasternak.

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« Energie et gaîté », peut-on lire sur une double page dans Libération à propos de la mise en scène du Maître et Marguerite de Boulgakov – mort seul et épuisé en 1938 – revisité par l’anglais Simon Mc Burney, qui remplit en ce moment la cour d’honneur du festival d’Avignon. Dans les 2 800 pages dont il va être question, la gaîté est en mineur, certes, mais quelle énergie ! Du Pasternak de Dimitri Bykov, au superbe Mandelstam de Ralph Dutli, en passant par le Grossman de Myriam Anissimov, des vies qui forment à la fois une fresque historique, un roman balzacien, un roman russe. Vies brisées et œuvres miraculées, enthousiasme et résistance intérieure, courage extrême, esquives ou aveuglements, compromis et grandeur, bassesses et tentations.