Styles de combat. Entretien avec Marielle Macé

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Dans son nouvel essai, Styles. Critique de nos formes de vie, Marielle Macé travaille la question du style comme moyen de réfléchir à nos formes de vie, celles que nous voulons, celles que nous refusons ; il s’agit de percevoir ce qui nous engage dans nos gestes quotidiens.

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Le poète Henri Michaux raillait la formule de Buffon : « Le style […] serait l’homme ? Cette suspecte acquisition dont, à l’écrivain, on fait compliment ? Son prétendu don va coller à lui, le sclérosant lourdement. […] Bloqué ! il s’était précipité dans son style […]. Pour une vie d’emprunt, il a lâché sa totalité, sa possibilité de changement, de mutation. Pas de quoi être fier. » Michaux nourrit la réflexion de Marielle Macé, qui convoque aussi Pierre Bourdieu, Judith Butler ou Claude Lévi-Strauss. C’est là le principe premier de son livre, ce qui à la fois le fonde et constitue son horizon : traiter à la même hauteur la littérature, l’anthropologie, la sociologie, non pas pour montrer, comme on le rappelle beaucoup aujourd’hui, combien les réflexions scientifiques peuvent emprunter à l’art du récit, être tributaires des ressorts de la fiction, mais pour la raison inverse : elle suppose que la littérature recèle un savoir spécifique, susceptible de dialoguer avec les savoirs spécifiques que produisent les différentes sciences humaines.