John Edgar Wideman ou la résistance de la littérature américaine

Par Hugo Pradelle (En Attendant Nadeau)

Si le prix Femina qui lui a été attribué en 2017 a enfin mis l’œuvre de John Edgar Wideman en lumière en France, Mémoires d’Amérique, le premier recueil de nouvelles à paraître dans notre pays, nous assure qu’il est l’un des grands écrivains de notre époque.

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John Edgar Wideman est un écrivain qui résiste. Parce qu’il déploie une conception en partie politique de la littérature, par les sujets qu’il aborde, par la violence de son œuvre. Parce que c’est un écrivain ardu aussi, qui ne fait pas de cadeau au lecteur et le confronte à l’opacité, à l’épaisseur de la fiction. Parce que c’est un écrivain qui pense, effectivement, le geste d’écrire dans l’existence. Car tout l’enjeu de l’œuvre de Wideman se trouve dans l’intrication entre l’existence – ce qui est propre, intime, traumatique –, des enjeux politiques et moraux et la forme de la littérature elle-même. Tous ses textes se lisent ainsi, comme en profondeur, à la manière dont un foret traverse des couches de terrain. Il faut que le lecteur admette une lecture plurielle, dynamique, enchevêtrée, perturbante.